Histoire de la Préfecture

 
 

Index d'articles

  1. Histoire de la Préfecture
  2. Quelques Vosgiens célèbres
hotel Prefecture
 
 
 
et quelques Vosgiens célèbres.

Du collège des Jésuites...

A sa création en l’an VIII (1800), la Préfecture des Vosges s’installe dans les locaux qui avaient servi au Directoire du département, depuis le début de la Révolution jusqu’en l’an IV, puis à l’administration départementale qui lui succède à cette date. Ces locaux abritaient une partie de l’ancien collège des Jésuites, devenu en l’an IV l’École Centrale du département.

La cohabitation de la Préfecture et du collège devient vite incommode pour l’administration comme pour l’établissement d’enseignement secondaire.

En 1822 : le Conseil Général décide que l’hôtel de la Préfecture sera établi dans l’ancien couvent des Annonciades (le marché couvert actuel) et charge le Préfet d’acquérir les boutiques qui environnent cet ancien couvent, d’autant que cela permettra le développement de l’hôtel.

 

...à l'ancien cimetière du poux

En 1823 : le Conseil Général jette son dévolu sur l’ancien cimetière d’Épinal, appelé cimetière du Poux, abandonné depuis 1805.

Les 9 et 10 mars 1824 : le département se rend ainsi acquéreur des propriétés suivantes  :

  •  l’ancien cimetière,
  •  les maisons et dépendances des héritiers Laurent et du sieur Antoine,
  •  les jardins et loges des sieurs Bombard, Claudel et de la veuve Coster.

 Le 15 juin 1825, une Ordonnance Royale approuve ces acquisitions.

 Le 16 juillet suivant, l’adjudication est passée. Les travaux sont entrepris, sur les plans de l’architecte départemental Grillot, dès le quatrième trimestre 1825.

 En 1829, les travaux sont enfin terminés et les bâtiments occupés.


Les extensions dès 1851 et construction...

En 1851, l’exhaussement de ces ailes pour les archives et les bureaux est décidé, d’après le plan de l’architecte Grillot. En 1852, commencent les travaux de l’étage des archives, et l’année suivante ceux des bureaux de l’aile Nord.

En 1860, le prolongement des deux ailes s’avère nécessaire, suivant un plan de Grillot fils, du 20 août 1859. La construction de l’aile Sud sur le jardin de la Préfecture ne soulevait aucune difficulté. L’aile Nord nécessita l’expropriation et l’achat de la propriété Cosserat, à l’angle de la Préfecture et de la rue du Cours (rue Sadi-Carnot).

Le 24 septembre 1862, cet achat est passé et les travaux de cette aile sont entrepris aussitôt, alors que ceux de l’aile Sud avaient été entrepris dès 1860. Mais le surplus de la propriété Cosserat qui faisait l’angle, est recédé par le département à la famille Jeanmaire.

Le 31 octobre 1879, face à la nécessité d’abriter le service vicinal, le département acquiert la propriété de la veuve Collenne, située au bout du bâtiment des Archives. Seul le rez-de-chaussée est disponible, les autres étages étant toujours occupés par la propriétaire qui obtient de rester dans les lieux après la vente.

En 1883, la totalité de la maison étant libérée, le service vicinal s’installe au premier étage, l’assistance publique au deuxième et l’Inspection Académique au rez-de-chaussée.

En 1905, il est nécessaire d’agrandir les Archives et d’installer les trois services et le Conseil Général dans des locaux mieux adaptés à leurs besoins.

On construit d’abord sur la rue de la Préfecture, le bâtiment actuel du Conseil Général qui ainsi abandonne les salles qu’il occupe jusque-là dans l’aile gauche de la Préfecture. Le 4 octobre 1905, l’adjudication a lieu.

Lorsque le bâtiment est terminé, un nouveau est élevé pour les trois services précédemment logés dans l’ancienne maison Collenne. Cette dernière est abattue.

Les travaux de construction sont adjugés le 8 décembre 1906.

Si les trois services s’installent dès 1907, le Conseil Général attend 1908.


Les dernières acquisitions

Le 29 mai 1914, à la veille de la guerre, le département rachète aux héritiers Jeanmaire la maison d’angle pour y loger des bureaux.

En 1939, une annexe est construite sur cette propriété, sur l’alignement de la rue Sadi-Carnot. La maison d’angle est aménagée en 1931.

Dès le 9 juillet 1932, le département a acquis l’immeuble des héritiers Guenot (5 rue Gambetta). Après avoir abrité dès 1933 le service des soins gratuits, le comité départemental des Mutilés et un service des Ponts et Chaussées, ce bâtiment abritait en 1937 les Mutilés, l’Inspection Académique et les services agricoles.

Après la guerre 39-45, le département acquiert la maison Mauss (2 rue Sadi-Carnot) pour cause d’utilité publique, autorisée par décret du 8 octobre 1948.
L’immeuble 4 rue Sadi-Cornot est acquis en 1955.

En 1978, la DDASS quitte les bâtiments de la Préfecture. Le départ des services du Conseil Général, quant à lui, s’est échelonné sur une période de cinq ans, de 1985 à 1990.

Actuellement, l’entrée de l’hôtel est située rue de la Préfecture.
L’accès aux jardins se fait par la rue Gambetta. L’entrée au public est place Foch.

 
Prefecture88PlaceFoch

Le bâtiment en lui-même

La Préfecture des Vosges se scinde en deux parties. Elle abrite ainsi en son sein un “Hôtel de la Préfecture” et des “bureaux” où sont hébergés les différents services administratifs. L’hôtel comporte de nombreuses œuvres d’art.

L’entrée d’honneur de l’Hôtel de la Préfecture offre à la vue des convives deux dessins de Caruelle d’Aligny : une étude d’arbre de Mortefontaine et des Rochers en forêt de Fontainebleau.

Un “Paysage historique” de J.F. Millet et une statue “Lanceur de fronde” habillent également cette pièce.

Une tapisserie murale d’Aubusson du XVIIème siècle orne la montée d’escalier menant aux appartements de Monsieur le Préfet.

La bibliothèque, quant à elle, présente des tableaux de J. Léonard (“Le Tinoret et sa fille”), de P. Delaroche (Portrait de femme “Mme Saladin”) et un paysage de Dutac, représentant une petite cascade dans une vallée rocheuse et boisée, du XVIIIème siècle.

De superbes tableaux sont exposés dans le grand salon : un “Portrait de Charles Alexandre de Lorraine” attribué à Van Schuppen, “Paysage historique” Ecole de Nicolas Poussin et de deux petits tableaux “Musique mondaine et musique rustique” attribués à Tiepolo; ainsi qu’une pendule dorée de J. Demange.

La salle du billard présente diverses gravures : une gravure de chasse à courre “Fully Cry” signée de Herrig, deux gravures (“L’intérieur de l’écurie” et “Le Palefrenier surveillant”) du graveur Vernet (1714-1789) et deux gravures montrant des scènes de golf de Georges Pipeshank. Enfin, un tableau de M. Magne (“Trophée de guerre”) complète le décor.


Le décor de la salle à manger

La salle à manger de l’hôtel de la Préfecture arbore un étonnant papier peint panoramique représentant un paysage indien. Son nom : l’Hindoustan (ancien nom persan de l’Inde.)

Dessiné en 1907 par Antoine-Pierre Mongin, peintre et graveur, l’Hindoustan a été imprimé par Zuber, une manufacture toujours installée à Rixheim, dans le Haut-Rhin, et qui utilise encore les mêmes techniques de fabrication.

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Les œuvres originales sont exposées partiellement au Musée du Papier Peint de Rixheim, jouxtant la fabrique Zuber.

L’élaboration des planches d’impression du décor a nécessité une année de travail et une vingtaine de graveurs.

Avec ses 4 mètres de hauteur et ses 13,50 mètres de développement, l’Hindoustan comptait 1265 planches, portant chacune un détail du panoramique

Pour la confection du papier peint, l’imprimeur“encrait” chaque planche dans un bac de couleur, puis la posait sur le papier. Le travail était achevé par une vérification de l’impression et une retouche au pinceau.

Un soin particulier était apporté à la couleur ; appliquées à la brosse pour réaliser l’effet de profondeur d’horizon, les différentes couleurs étaient dégradées les unes par rapport aux autres par le jeu complexe d’un brossage à la main.

Ce travail nécessitait l’intervention simultanée de quatre personnes. Véritable secret de fabrication de Zuber, les couleurs étaient préparées à partir d’un mélange de craie, de colle et de pigments. Un procédé qui nous permet de retrouver, plus d’un siècle après, l’éclat des couleurs d’origine.

 
hindoustan02SalleMange

Des travaux de nettoyage et de restauration ont été entrepris sur cette tapisserie panoramique de Zuber.

Cette action de réhabilitation a consisté d’abord en une opération minutieuse de gommage à l’aide de gommes spécifiques en poudre et en mie de pain, pour nettoyer, dépoussiérer la tapisserie.

Elle a été suivie d’une application de retouches à l’aquarelle sur les manques afin de lui redonner son aspect original.

La chambre officielle, jadis appelée “chambre du Shah de Perse”, offre un très bel ensemble de meubles Charles X.