Thierry GUILLAUME - INSEE Lorraine
Un solde naturel toujours positif alimenté par une fécondité élevée des Vosgiennes et une forte réduction du déficit migratoire contribuent à limiter la baisse de la population. Pourtant, les départs enregistrés lors des décennies précédentes pèsent sur le département. Le nombre de femmes en âge de procréer a baissé et le département compte ainsi peu de très jeunes enfants. L’espérance de vie reste inférieure à celle observée dans le reste de la région ou de la France.
Entre 1999 et 2006, la population vosgienne a baissé au rythme moyen de 150 individus par an. Le déficit migratoire se résout peu à peu et se rapproche de l’équilibre. C’est sa réduction qui explique que le département perd moins d’habitants qu’auparavant.
Le solde migratoire (écart entre le nombre de départs et le nombre d’arrivées) est encore négatif, de l’ordre de 570 individus par an, contre 1 300 individus par an durant la décennie 90 et 2 300 personnes par an durant la décennie 80. Toutefois, les migrations contribuent de manière plus négative dans les Vosges qu’en Lorraine à l’évolution globale de la population : entre 1999 et 2006, les Vosges affichent un taux annuel de migrations de -0,15%, contre -0,11% pour la région.
La zone d’emploi de Remiremont-Gérardmer et surtout celle des Vosges de l’Ouest restent comme par le passé, les territoires où l’émigration est la plus forte, avec un déficit de respectivement 180 et 280 personnes par an. En revanche, la zone d’emploi de Saint-Dié retrouve une certaine attractivité et enregistre un solde migratoire légèrement positif.
Si les quatre zones d’emploi vosgiennes enregistrent plus de naissances que de décès, les contrastes entre territoires sont nombreux. Ainsi, depuis 1999, la zone d’emploi d’Épinal enregistre en moyenne un excédent des naissances sur les décès de l’ordre de +230 par an mais il a diminué par rapport à la décennie 1990, où il était annuellement de l’ordre de +360. La zone d’emploi de Saint-Dié a maintenu son solde naturel stable par rapport à la décennie précédente, de l’ordre de +100 par an. Cependant, les deux autres territoires du département sont confrontés à une forte érosion de leur excédent naturel. Ainsi, pour la zone d’emploi de Remiremont-Gérardmer, depuis 1999, le solde naturel annuel n’est en moyenne que de l’ordre de +50 alors qu’il était de +150 durant la décennie précédente. La situation est préoccupante pour la zone d’emploi des Vosges de l’Ouest, où l’excédent naturel a presque été divisé par trois par rapport à la décennie 1990, et n’est plus que de +40 par an. Fait plus grave, 2002 a même été l’année d’un déficit naturel (-7 individus). Une situation que connaissent déjà 13 cantons depuis plusieurs années : Bains-les-Bains, Charmes, Darney, Monthureux-sur-Saône et Plombières-les-Bains dans la zone d’emploi (ZE) d’Épinal ; Corcieux, Fraize, Raon-l’Étape et Senones dans la ZE de Saint-Dié ; Lamarche et Neufchâteau dans celle des Vosges de l’Ouest ; Saulxures-sur-Moselotte et Le Thillot dans celle de Remiremont-Gérardmer.
Ainsi, en vingt ans, l’excédent naturel du département a été ramené en moyenne de 1 140 personnes par an à 425. Surtout, son érosion pose à terme la question de la stabilité de la population départementale dont il est un élément essentiel.
En 2007, les Vosgiennes ont donné le jour à 4 260 bébés, contre 4 460 l’année précédente. Cette légère baisse suit la tendance nationale après un nombre particulièrement élevé de naissances en 2006 qui avait plutôt surpris. Le record reste toutefois à l’année 2000 avec 4 570 nouveau-nés.
Avec un indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) de 1,95 en 2005, les Vosgiennes affichent toujours un fort taux de fécondité. Leur ICF talonne celui des Meusiennes, qui ont la fécondité la plus forte parmi les Lorraines (1,96), non loin du nombre nécessaire au renouvellement des générations (2,10). Il devance largement les deux autres départements lorrains plus urbains que sont la Meurthe-et-Moselle et la Moselle, où l’ICF n’est respectivement que de 1,69 et 1,79. Au niveau national, le département se classe au 43ème rang.
L’ICF est particulièrement supérieur à celui de la région et de la France parmi les femmes de moins de 25 ans, conséquence de maternités à un âge plus précoce.
Le département compte début 2006, 21 800 enfants de moins de 5 ans, soit 3 700 de moins qu’il y a quinze ans.
Cette baisse des effectifs des 0-4 ans est inférieure d’un point à celle observée en Lorraine et au niveau national. Elle s’explique notamment par le fait que le nombre de femmes en âge de procréer a baissé. Ainsi, il est passé de 90 300 en 1990 à 70 300 en 2006.
Au niveau national, 65 départements ont une proportion de jeunes enfants plus importante que celle des Vosges, notamment les trois autres départements lorrains. Le département devance toutefois la Haute-Marne voisine.
Au niveau infra-départemental, les zones d’emploi d’Épinal et de Saint-Dié sont des territoires où la part des jeunes enfants est légèrement supérieure à celle observée dans les autres zones du département. Ceci est dû à la présence d’un plus grand nombre de jeunes couples en milieu urbain.
En 2007, le nombre de décès constatés dans les Vosges avoisine les 3 700 et reste inférieur à celui des naissances.
En 2005, l’espérance de vie à la naissance se situe dans les Vosges à 75 ans pour les hommes et à 82 ans et 6 mois pour les femmes. Pour les deux sexes, elle est inférieure à celle de la région, de 6 mois pour les hommes et de 1 mois pour les femmes.
En quinze ans, l’espérance de vie a progressé de respectivement 3 ans et demi pour les Vosgiens et 2 ans pour les Vosgiennes et l’écart hommes-femmes s’est réduit, passant de 9 ans et 4 mois à 7 ans et 6 mois, mais elle reste actuellement inférieure de 1 an et 9 mois à celle des Français et de 1 an et 1 mois à celle des Françaises de métropole.
| Espérance de vie à la naissance | 1990 | 2005 | ||
|---|---|---|---|---|
| Hommes | Femmes | Hommes | Femmes | |
| Source : Insee, Etat-civil | ||||
| Meurthe-et-Moselle | 72,3 | 80,7 | 75,8 | 83,1 |
| Meuse | 71,3 | 80,2 | 74,9 | 82,6 |
| Moselle | 71,9 | 79,5 | 75,9 | 82,4 |
| Vosges | 71,3 | 80,6 | 75,0 | 82,6 |
| Lorraine | 71,9 | 80,2 | 75,6 | 82,7 |
| France métropolitaine | 72,9 | 81,0 | 76,8 | 83,7 |
Définitions
Indice conjoncturel de fécondité :
Nombre d'enfants qu'aurait une femme tout au long de sa vie, si les taux de fécondité observés l'année considérée à chaque âge demeuraient inchangés.
Taux de fécondité :
Rapport du nombre de naissances vivantes de l'année à la population féminine en âge de procréer.
Espérance de vie à la naissance :
Durée de vie moyenne, ou âge moyen au décès, d’une génération fictive qui aurait, tout au long de son existence, les conditions de mortalité par âge de l’année considérée.

Économie Lorraine N° 158-159
Février 2009