Espaces ruraux

Espaces ruraux : un soutien nécessaire

Pascal SERVRANCKX - INSEE Lorraine

Résumé

Les zones rurales, faiblement peuplées, ne constituent pas à l’évidence les meilleures potentialités en termes de clientèles et d’usagers pour tous types de services et d’activités économiques. Pour autant, aussi peu nombreux soient-ils, les habitants des zones rurales ont autant besoin que les citadins d’emplois, de transports collectifs, de soins, d’éducation, de services à la personne, de loisirs, et le tout situé à proximité de leur lieu de résidence.

Sommaire

Publication

Si le département des Vosges apparaît bien doté en infrastructures d’accès aux services publics et aux services à la personne, des progrès restent à faire dans l’ouest vosgien en termes d’offre de services. En 2005, quatre domaines de priorité ont été définis en matière de services publics pour le département. Ce sont : l’offre de soins, l’offre de transports, les services de proximité et l’éducation.

Santé, le défi majeur

Le vieillissement conjoint de la population d’usagers et du corps médical incite à faire preuve d’une vigilance particulière sur toutes les questions de santé. Concernant les professionnels de santé, le constat vosgien est particulièrement inquiétant à court terme. À l’horizon 2015, 4 médecins sur 10 vont partir en retraite. Si aucune nouvelle installation n’est faite, le nombre de généralistes libéraux diminuerait de 44%. En sus d’incitations à l’installation de nouveaux praticiens, de nouvelles organisations locales sont proposées, notamment des maisons de santé pluridisciplinaires (cf. chapitre santé).

Quant aux établissements pour personnes âgées, le maillage du territoire est performant. En outre, il existe 17 services de soins infirmiers à domicile qui couvrent le département.

Pour les personnes handicapées, de nouveaux établissements ont été autorisés en milieu rural (Le Tholy, Châtenois, Moyenmoutier, Rambervillers).

Services de proximité : de nouvelles organisations à développer

Sur la question des transports, l’importance d’une meilleure coordination au niveau départemental, communal et régional a été plusieurs fois soulignée. Le Conseil général a réalisé une étude sur l’offre de transport, qui vise à permettre aux personnes non mobiles en milieu rural, d’avoir accès aux services de transport, à adapter les services pour tenir compte de l’arrivée du TGV et proposer les modalités d’accompagnement des initiatives locales de développement de l’offre.

Le champ des services de proximité est très large. Il va des services publics locaux tels que la Poste ou les trésoreries, aux commerces de proximité avec la création de «multiples ruraux», dont quatre ont vu le jour (Bellefontaine, Chaumousey, Wisembach, et Les Poulières), tous créés et financés par l’État. Ils proposent souvent plusieurs services : épicerie, bar-tabac, loterie, presse, bimbeloterie.

Le réseau de la Poste permet à 92,6% de la population d’avoir accès à un point de contact postal à moins de 5 km et à moins de 20 mn de trajet automobile. Le maillage respecte les zones prioritaires au sein des communes urbaines et rurales. En effet, 18% de la population départementale habite dans des communes rurales classées en zones de revitalisation rurale ou zones de montagne. Cette population est desservie par 46 points de contact, soit 33,3% du total départemental. Les 7,2% de la population habitant les zones urbaines sensibles sont desservis par 7 bureaux de poste, soit 5% des points de contact.

La Poste, c’est 138 points de contact au 30 avril 2007, répartis en :
- 104 bureaux de poste en gestion directe ;
- 19 agences postales communales gérées par des agents territoriaux, dont Ventron, Rochesson, Domrémy-la-Pucelle ;
- 15 relais Poste, gérés par les commerçants dans le cadre de conventions de partenariats (comme à Raon-sur-Plaine), signées entre la Poste et les partenaires privés.

Enfin, des relais-services publics commencent à se créer, sur l’initiative de communautés de communes comme à Granges-sur-Vologne, en partenariat avec le Trésor public.

retour sommaire

Pôles d’excellence rurale

En 2005, le Premier Ministre a lancé un appel à projets afin de soutenir des projets innovants en milieu rural, créateurs d’emplois directs et indirects, qui doivent permettre de créer ou conforter une véritable dynamique locale.

Lors de la première vague, quatre projets situés dans les Vosges, ont été labellisés «pôles d’excellence rurale» :

- La mise en œuvre du plan de gestion du site classé de Xonrupt-Longemer, portée par la communauté de communes des Lacs et des Hauts-Rupts. L’objectif est de libérer les abords immédiats du lac en maintenant les espaces naturels existants, tout en redonnant un aspect naturel à certains espaces et un aspect traditionnel au bâti.

- La construction d’un ensemble immobilier destiné à la maison de santé et à une pharmacie à Vicherey, portée par l’Établissement Public de Coopération Intercommunale (EPCI) du Pays de Colombey et du Sud-Toulois (54).

- Le projet de développement du tourisme sur les Hautes-Vosges, porté par le Comité Départemental du Tourisme des Vosges en partenariat avec l’Association Départementale du Tourisme du Haut-Rhin, qui s’appuie sur trois axes : développer l’accessibilité et la mobilité dans l’espace touristique montagnard ; soutenir le développement, l’organisation et la promotion des sports de nature, qui vise tout particulièrement la randonnée sur le GR5 ; développer la mercatique touristique.

- Le projet du pôle «ameublement-bois» porté par la communauté de communes du Pays de Neufchâteau.

Lors de la seconde vague de l’appel à projets, un autre dossier a été retenu :

- La valorisation des coproduits du bois, projet porté par le Pays d’Épinal-Cœur des Vosges, qui a pour objectif d’optimiser l’utilisation de la ressource bois omniprésente dans le département. Ce pôle réunit un très large partenariat tant public (ONF, chambre d’agriculture, collectivités et État) que privé (entreprises de la première transformation du bois) et a d’ores et déjà participé à la création d’une nouvelle société «Sotraforest» qui a bénéficié d’aides pour l’acquisition d’une unité de récolte et de production mobile de plaquettes forestières unique en France. De même la chambre d’agriculture a été accompagnée pour la mise en place de parcelles expérimentales pour les taillis à courte et très courte rotation.

Ce sont donc cinq dossiers qui ont été labellisés dans les Vosges. Les retombées économiques sont importantes car ce sont près de 50 emplois directs qui pourraient être créés.

retour sommaire

4 pôles d’excellence rurale

retour sommaire

Économie Lorraine N° 158-159
Février 2009