Circulaire du 21/09/01 adressée aux Maires des
Vosges
OBJET : Nouvelle procédure d'alerte
météorologique.
A la suite des événements
catastrophiques de l'année 1999 (notamment
les crues du sud-ouest de la France et les
tempêtes), la décision a été
prise de refondre au niveau national la
procédure d'alerte météorologique.
Cette décision découle
directement du rapport d'évaluation
des dispositifs de secours et d'intervention,
rédigé et remis au Premier
Ministre en janvier 2001. A l'origine de
ce rapport, une lettre de mission du Premier
Ministre en date du 23 février 2000
destinée à M. Gilles SANSON
- Inspecteur Général de l'Administration,
précise que cette évaluation
devra porter aussi bien sur la prévention,
les procédures d'alarme ou d'alerte
des populations que sur la gestion de crise
et l'organisation des secours. Elle devra
également comporter une réflexion
sur l'adéquation à ce type
de péril des normes de construction
ainsi que sur les mécanismes d'indemnisations
et les pratiques d'assurance, notamment
celles concernant les biens des collectivités
locales.
L'objectif de cette nouvelle
procédure comporte 3 points majeurs
:
* assurer immédiatement
l'information la plus large aux médias
et aux populations en leur donnant les conseils
ou les consignes de comportement, adaptés
à la situation,
* donner aux autorités publiques
à l'échelon national, zonal
et départemental les moyens d'anticiper,
par une annonce plus précoce, une
crise majeure,
* fournir aux préfets, aux maires
et aux services opérationnels, les
outils de prévision et de suivi permettant
de préparer et de gérer une
telle crise.
Cette procédure
présentée dans la plaquette
qui vous sera remise par l'Association des
Maires des Vosges, est basée sur
la publication par Météo France,
deux fois par jour, d'une carte de vigilance
où des couleurs seront attribuées
aux départements.
Si le vert indique que,
durant les vingt-quatre heures à
venir, il n'y a pas de danger particulier,
le jaune précise que "vous ne
risquez rien, sauf si vous menez une activité
exposée" ; il convient d'être
particulièrement vigilant, lorsque
Météo France diffuse une alerte
orange ou rouge.
En effet, l'orange souligne
que le département est menacé
même s'il n'est pas exposé
particulièrement, quant au rouge,
des phénomènes dangereux d'intensité
exceptionnelle sont à prévoir.
Dans ces deux derniers
cas, l'émission de la carte de vigilance
est alors accompagnée à la
fois de symboles mais aussi par des bulletins
de suivi décrivant l'événement
et des conseils de comportement concernant
les populations.
La nouvelle procédure
repose sur une attitude de vigilance collective
qui doit être partagée par
l'ensemble des acteurs. Les maires, tout
comme les services de l'Etat, occupent une
place majeure dans la diffusion de l'information.
La mise à disposition
d'une carte, directement et simultanément
à l'ensemble des acteurs par Météo
France permet cette attitude. En outre,
l'information sera largement diffusée
auprès des médias nationaux
et régionaux. Elle sera relayée
par la préfecture auprès des
médias locaux en situation orange
et rouge qui auront de leur coté,
comme tout à chacun, accès
au site Internet de Météo
France.
Les communes du département
des Vosges ne disposant pas toujours de
moyens matériels et humains, un plan
"Vigilance et Alerte Météorologique"
a été élaboré
par la préfecture, pour permettre,
à tous, de réagir en fonction
de la situation météorologique
à venir.
Si le premier niveau (vert)
n'appelle pas de votre part de vigilance
particulière, le 2ème niveau
(jaune) vous engage à vous tenir
informé de l'évolution météorologique
sur des phénomènes habituels
dans la région mais occasionnellement
dangereux.
A ce stade, les informations
seront disponibles via les médias
nationaux ou par consultation téléphonique,
télématique et informatique.
* Répondeur Météo
France ....0 892 68 02 88
* Minitel ...........................3615
Météo
* Internet ..........................www.meteo.fr
Il vous appartiendra d'organiser
au niveau de votre commune la surveillance
et la remontée de l'information.
Le passage du 3 ème
niveau (orange) procédera du même
principe, mais à ce stade, une mise
en alerte des services de l'Etat, de certains
établissements publics, ainsi qu'une
information des médias locaux, sera
effectuée.
Des messages, sur un répondeur
téléphonique centralisé
à la préfecture, seront enregistrés.
A l'usage exclusif du maire, ce répondeur
vous informera de la situation météorologique,
des particularités éventuelles
au département et des consignes ou
conseils de comportement à suivre.
Le numéro de ce
répondeur vous sera communiqué
par courrier, et je vous demande de ne divulguer
cet élément qu'aux personnes
que vous estimerez nécessaire d'associer
à la procédure que vous mettrez
en place.
En effet, l'accès
au grand public à ce répondeur,
risquerait de provoquer une saturation de
ce dernier.
Si le 4 ème niveau (rouge) était
prévu, nous entrerions alors dans
une gestion de crise.
Les services de police
et de gendarmerie seront chargés
de vous alerter par tous les moyens possibles.
Le répondeur, activé, vous
fournira les éléments cités
précédemment.
Une cellule de crise sera
installée en salle opérationnelle
de la préfecture.
Les Services de l'Etat
seront mobilisés et en fonction des
prévisions, un déploiement
des moyens nécessaires sera effectué
tant sur le plan départemental que
régional.
Il vous appartiendra de
prendre toutes les mesures que vous jugerez
utiles telles que :
* Mise en alerte des services municipaux,
* Réquisition de locaux pour hébergement,
* Réquisition de matériels
et personnels auprès des entreprises
privées,
* Information régulière
des populations.
A noter qu'un plan décrivant
la procédure est à votre disposition
au S.I.D.P.C. sur simple demande. Il importe de souligner
les limites de la météorologie
: le caractère imprévisible
de la nature demeure réel pour certains
types de phénomènes.
Face au déchaînement
soudain et violent des éléments,
comme celui de décembre 1999, nous
devons rester vigilants et solidaires.
Cette tempête a démontré
combien il était indispensable que
les services de l'Etat, et en premier lieu
la Préfecture, puissent associer
et impliquer pleinement et immédiatement
les collectivités locales et notamment
les communes.
L'organisation de la crise
et plus spécifiquement sa gestion
en temps réel, avec les limites imposées
par l'exercice (communications interrompues,
voies de circulation coupées etc...)
nécessite une collaboration de tous
les instants. Telles sont les préconisations
du Rapport SANSON de janvier 2001.
L'anticipation de la crise
relève de notre responsabilité
collective, et je sais pouvoir compter sur
votre implication personnelle, comme vous
en avez fait la démonstration en
décembre 1999.
Je vous remercie par avance.
Le Préfet,
Michel GUILLOT |